Albanie (Balkan Trail)
Un trek - Trois Pays (Albanie - Kosovo - Montenégro)
Balkan Trail by Travelbase
Préparez-vous à sortir des sentiers battus! Pendant 7 jours, je suis parti à l’aventure (sans Tyzer qui était blessé) sur l’un des treks les plus mythiques d’Europe avec Travelbase. Direction les Balkans, là où les montagnes sont encore sauvages, les villages hors du temps et les rencontres aussi vraies que les sourires qui les accompagnent.
Ce voyage, c’était bien plus qu’une simple randonnée. En marchant, j’ai traversé trois pays à pied : l’Albanie, le Monténégro et le Kosovo. Passer une frontière au détour d’un col, partager un repas chez l’habitant, dormir dans la tente… chaque jour était une immersion totale dans l’une des régions les plus isolées et préservées du continent.
Le célèbre itinéraire Peaks of the Balkans est souvent décrit comme un rêve pour les amateurs d’aventure et je confirme! Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et récompensé par le World Travel & Tourism Award, ce trek est l’un des secrets les mieux gardés d’Europe. Cinq jours de rando intenses, bruts, parfois exigeants… mais surtout inoubliables.
Jour 1 - Premiers pas en Albanie, chaleur et découvertes
Dès l’atterrissage à l’aéroport de Tirana, tout est parfaitement organisé pour une arrivée en douceur. Enfin… en douceur logistique, parce que côté météo, c’est une autre histoire 😅 : il fait très chaud. Vraiment très chaud. Le genre de chaleur qui te fait comprendre instantanément que tu vas bien transpirer pendant le trek!
Après avoir récupéré nos bagages, une navette nous attend pour nous emmener directement au cœur de la capitale albanaise. Quelques minutes plus tard, nous arrivons à l’hôtel Marinaj et là, surprise totale : la chambre est superbe, moderne, ultra confortable. Autant dire que pour une première nuit avant le trek, c’est le grand luxe.
Une fois installés, pas question de rester enfermés. Direction le centre-ville de Tirana pour une première immersion dans l’ambiance locale. C’est vivant, coloré, surprenant. On découvre la ville, son histoire, ses contrastes culturels, la fameuse pyramide, et une magnifique mosquée qui marque vraiment le paysage urbain.
En fin de journée, on retrouve une partie du groupe autour d’une bière locale. Les présentations s’enchaînent, les rires aussi, et très vite le courant passe. On refait le monde, on parle voyage, trek, montagnes… Bref, le temps file sans qu’on s’en rende compte. Résultat ? On loupe le dernier bus 🙃
Pas de panique : retour à l’hôtel à pied, soit environ une heure de marche. Une petite mise en jambes improvisée qui annonce déjà très bien la suite du voyage. Si le trek commence officiellement demain, l’aventure, elle, a clairement déjà débuté.
Jour 2 - Cap sur Theth, porte d’entrée du trek
Après une bonne nuit de repos, il est temps de quitter Tirana. À 9h30, nous embarquons dans le bus depuis l’hôtel Marinaj direction Theth, point de départ du trek et futur camp de base. L’excitation monte : aujourd’hui, on se rapproche enfin des montagnes.
Le trajet est censé durer environ 5 heures… mais avec les bouchons, il nous faudra plus de 7 heures pour arriver à destination. Honnêtement ? Aucun regret. La route est une aventure à elle seule. Les paysages défilent, de plus en plus sauvages, de plus en plus spectaculaires. Vallées, routes sinueuses, montagnes à perte de vue : c’est une immersion totale dans la beauté brute de l’Albanie.
En fin de journée, nous atteignons enfin Theth, notre premier camp. Le village est connu pour son mode de vie traditionnel, préservé du temps et du tourisme de masse. Ici, tout semble plus simple, plus vrai.
Nous sommes accueillis par la famille d’Alvaro et Ana. Le dîner est tout simplement délicieux, composé de plats locaux qui réchauffent autant le corps que le cœur.
Quand la nuit tombe, on se retrouve autour d’un petit feu de camp, histoire de se réchauffer et de prolonger les discussions. Les montagnes nous entourent, le ciel est calme, et une chose est sûre : le trek n’a pas encore commencé… mais on est déjà exactement là où on voulait être.
Jour 3 - Theth → Valbona, l’étape mythique (11,6 km, 1060 m D+)
Aujourd’hui, on attaque l’un des itinéraires les plus célèbres des Peaks of the Balkans. Clairement une étape mythique, et j’ai hâte… même si je sais que ça ne va pas être une promenade de santé.
Avant de commencer la magnifique ascension, on prend le temps d’admirer les symboles de Theth : son église iconique, posée au milieu de la vallée, et l’étrange tour de confinement (Kulla), chargée d’histoire et de traditions locales. Un dernier moment de calme avant l’effort.
Très vite, le sentier se révèle incroyablement varié… c’est beau à en couper le souffle. Mais il faut être honnête : il fait une chaleur écrasante. Je ruisselle littéralement de sueur. Chaque pas demande un effort supplémentaire, mais le décor vaut largement la peine. C’est exactement pour ça qu’on est là : forêt, montagnes, vallées et panoramas grandioses à perte de vue.
L’arrivée au col de Valbona est une récompense absolue. La vue est tout simplement phénoménale. D’un côté, la vallée de Valbona s’ouvre devant nous ; de l’autre, on distingue tout le chemin parcouru depuis Theth, dominé par des sommets impressionnants comme le Maja e Jezercës, qui culmine à 2 694 m. Un moment suspendu, difficile à décrire. On pousse encore un peu l’effort, quelques mètres de plus depuis le col, pour atteindre un point de vue unique sur la vallée cachée de Curraj i Epërm. Un endroit sauvage, qui donne l’impression d’être seul au monde.
Après une belle descente bien méritée, un van local nous attend pour nous conduire jusqu’à notre gîte à Valbona. Les jambes sont lourdes, les visages marqués… mais les sourires bien présents.
Bilan de la journée : 12km, 1060de D+ et 4 litres d’eau bus 💦 Et pourtant, je recommencerais sans hésiter.
Jour 4 - Valbona → Dobërdol (15,5 km, 1020 m D+). Là où le temps s’arrête
Après un solide petit-déjeuner, on reprend la route en van jusqu’au point de départ de notre randonnée vers Dobërdol. L’ambiance est déjà bien lancée… surtout quand le chauffeur décide de me sortir son plan de drague improbable 😅. Autant dire que la journée commence avec des fous rires.
Sur le sentier, le décor change encore. La marche est un vrai plaisir, rythmée par une cueillette XXL de framboises, myrtilles et fraises sauvages. Impossible de résister !!! Tout au long du chemin, on partage la piste avec des chevaux, moutons et vaches, dans un cadre pastoral incroyable, avec en toile de fond la vue majestueuse sur le mont Kolata, qui culmine à 2534 m.
L’arrivée à Dobërdol est un moment hors du temps. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce lieu est un authentique village de bergers, habité uniquement en été. Ici, pas de routes, pas de bruit, juste la montagne et le silence.
Après l’effort, place au courage : petite baignade très (très) fraîche dans les sources d’eau de Dobërdol . Mais quelle claque ! La vallée de Lumi i Gashit, réputée pour sa beauté naturelle intacte, offre un cadre absolument magique.
Ici, la population locale vit encore en parfaite harmonie avec la nature. Le village se situe juste sous le point de rencontre des trois frontières : Albanie, Kosovo et Monténégro. Un endroit unique, chargé de sens et d’histoire.
Le soir, nous sommes chaleureusement accueillis par Bashkimi et sa famille. Au menu : un repas délicieux, généreux, comme toujours. Et pour bien digérer… ou simplement bien dormir, un petit verre de raki s’impose 🍶. Une fin de journée parfaite, simple et authentique.
Jour 5 - Dobërdol → Plav (18 km, 650 m D+).
Trois pays, des sommets et un blind test improbable
Aujourd’hui, c’est la plus longue étape du trek. Pas d’échauffement, pas de mise en jambes tranquille : on attaque direct par une grosse ascension. Objectif : le sommet Trekufiri, puis le Taljanka, point hautement symbolique où se rejoignent l’Albanie, le Kosovo et le Monténégro. Rien que ça!
L’effort est intense, mais la récompense arrive vite. Là-haut, j’ai l’impression d’être Google Earth en version humaine. Une vue à 360°, totalement irréelle. Les montagnes s’étendent à perte de vue, sans aucune frontière visible… sauf celles que l’on vient tout juste de traverser à pied. Un moment puissant, presque irréel.
La descente se fait ensuite par une crête magnifique, sur plusieurs kilomètres. Le sentier est aérien, les paysages grandioses, et sans même s’en rendre compte, on passe au Monténégro. L’ambiance change peu à peu : tout devient plus vert, plus dense. On quitte les grands espaces minéraux pour randonner au cœur de la forêt.
Pause incontournable au lac Hridsko. Eau glaciale, courage obligatoire. Mais quelle bénédiction pour les jambes après cette journée de folie ! Une baignade express, revigorante, exactement ce qu’il fallait.
On termine la journée au village de Babino Polje, où une navette nous attend. En attendant, on savoure un verre bien mérité, histoire de faire redescendre la pression avant de rejoindre Plav. Le spot pour la nuit est juste sublime, au bord d’un lac, dans une ambiance calme et apaisante.
Le dîner, lui, prend une tournure totalement inattendue. Un chanteur monténégrin débarque et se lance dans des reprises de tubes internationaux, traduits dans sa langue, avec un tempo plus que douteux 😄. Résultat : fous rires garantis et blind test niveau expert. Impossible de reconnaître les chansons… mais impossible aussi d’arrêter de rire. Une journée longue, exigeante, magique. Clairement l’une des plus mémorables du trek.
Jour 6 - Plav → Vusanje (16 km, 660 m D+).
Soleil, cuisses en feu et dernier effort
On quitte le lac de Plav en minibus, direction le point de départ du sentier pour cette dernière grande journée de trek. Et comme on etait pas assez fatigué… le sentier commence par une très belle ascension. Évidemment en plein soleil.
Très vite, mes cuisses sont en feu, et même ma crème solaire décide de rendre l’âme en dégoulinant lamentablement. Autant dire que le corps est fatigué, mais la motivation est toujours là. Après tout, on est venu pour ça!
Arrivé au sommet, la récompense est immédiate. Le panorama est spectaculaire. D’un côté, le lac de Plav, paisible et scintillant. De l’autre, les impressionnantes « Montagnes Maudites », les Bjeshket e Nemuna en albanais. Un contraste saisissant, puissant, presque intimidant. Un vrai moment de contemplation.
On prend le temps de déjeuner face à ce décor incroyable, histoire de graver encore une fois ces paysages dans la mémoire. Puis vient la suite… et quelle suite : une très longue descente vers Vusanje. Tellement longue que mes genoux s’en souviendront longtemps. Bonus du jour : plus une goutte d’eau. Je termine donc cette étape en mode chameau de rando, rationnant chaque goutte d’eau qu’il me reste.
Et enfin, après cet ultime effort, j’arrive au campement de Vusanje. Soulagement total. Repos bien mérité, jambes lourdes, esprit rempli de souvenirs.
Jour 7 - Vusanje → Theth (16 km, 900 m D+). Derniers kilomètres, dernières gouttes de sueur
Dernier jour de trek. On quitte Vusanje pour rejoindre le camp de base de Theth, là où tout a commencé. Le sentier traverse la partie la plus sauvage et escarpée des « Montagnes Maudites ». Une région qui fut autrefois une zone interdite à l’époque communiste… et où aujourd’hui, on peut heureusement transpirer librement 😅.
Et transpirer, on transpire. C’est la journée la plus chaude de la semaine. Très peu d’ombre, des lacs asséchés, un soleil implacable : on cuit littéralement!
On traverse la magnifique vallée de Ropojana, avant de franchir la frontière et de rentrer en Albanie. Un moment toujours un peu spécial : un panneau, sans barrière, un sentier et des montagnes à perte de vue.
Le point d’orgue de cette journée, c’est le col de Qafa e Pejës, autrefois la route principale menant à Pejë. De là, on entame une descente raide mais spectaculaire vers Theth, souvent décrite comme l’une des plus belles sections de tout le Peaks of the Balkans. Et franchement, c’est mérité. C’est sublime… même si, soyons honnêtes, mes genoux ont beaucoup moins apprécié.
À l’arrivée, un van nous attend pour nous ramener au confort du camp de base de Theth. Le trek est officiellement terminé, mais il reste une dernière mission : la soirée d’adieu.
Et quelle soirée. Raki local, verres qui se remplissent un peu trop vite, et batailles acharnées de Skyjo jusqu’à tard dans la nuit. Rires, souvenirs, fatigue accumulée… un mélange parfait pour clôturer cette aventure. Bilan ? Un réveil à 5h du matin le lendemain qui a bien piqué. Mais aucun regret. Juste l’envie de repartir.
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